L’ONG Guingampaise Pica, très attentive à la situation en Haïti – Guingamp




Le 14 août, Haïti a été frappée par un puissant tremblement de terre. Depuis, le bilan provisoire fait état de plus de 2 000 morts. Votre association interviendra-t-elle sur place ?

Dès que nous avons appris le séisme, une cellule de crise s’est ouverte. Nous avons pris la décision de ne pas partir immédiatement. Le contexte politique local est instable avec le récent assassinat du président. Il y a des gangs armés dans le sud qui ont du mal à s’approvisionner. Je ne veux pas mettre l’équipe en danger. Pour partir, il faut être suffisamment dimensionné et préparé. Avec la pandémie, tous nos membres sont en première ligne et nous sommes en période estivale. Il y a des options à faire. Mais nous suivons de très près la situation, qui semble se calmer progressivement. Intervenir en post-urgence, pourquoi pas ?

Quelle est votre relation avec Haïti ?

Nous avons une relation très forte. Nous l’avons visité en 2010 après une catastrophe qui a fait plus de 200 000 morts. Nous avons également construit un programme de formation de trois ans pour les pompiers de Jacmel dans le sud de l’île. En 2016, nous sommes retournés à une mission d’urgence après l’ouragan Matthew.

Que retirez-vous de ces missions ?

Beaucoup de gens vivent dans la pauvreté, dans des conditions de santé précaires. Avec ces catastrophes, l’infrastructure est détruite. En 2010, les victimes ont été retrouvées dans les camps. De plus, l’eau potable ou les problèmes d’eau insalubre peuvent entraîner des épidémies de gastro-entérite, en particulier chez les enfants malnutris et fragiles. Il y a aussi ceux qui souffrent de blessures mais ne peuvent pas être soignés correctement. Sa situation empire. Nous pensions que les camps étaient de courte durée, mais lorsque nous sommes revenus six ans plus tard, ils étaient toujours là.

Quelles sont vos actions lorsque vous intervenez ?

Pica est une petite ONG, composée d’une vingtaine de membres, pompiers professionnels ou volontaires, médecins et infirmiers, liés à la médecine d’urgence. Nous offrons principalement nos services dans le cadre de catastrophes naturelles. Nous offrons les premiers soins, les soins médicaux et l’eau potable. Depuis un an, nous avons un chien de sauvetage nettoyeur.

Quelles autres actions humanitaires mène-t-elle ?

Nous participons à la formation professionnelle des pompiers des pays émergents. Nous sommes en plein essor programme de formation à Abomey Calavi, au Bénin. Du matériel réhabilité est également envoyé car ce sont des pays sans moyens où le personnel est mal équipé. Cependant, nous sommes confrontés à des procédures de distribution et de douane très lourdes. Le conteneur devait être expédié l’année dernière, il n’est pas encore sorti. Il devrait être expédié en 2022. Mais grâce à la coopération avec les mécaniciens, il y a maintenant deux camions de pompiers réhabilités. En raison de la pandémie, les projets sont un peu au point mort.

S’entraîner

Pour faire un don : Pompier International des Côtes-d’Armor au Centre de Secours, 109, carrer des Vallées 22950 Trégueux. Contact : asso.pica@gmail.com ou au 06 07 68 17 49.